Ninelle N’SILOULOU
Publié le : 31 octobre 2025 à 21h37

Ninelle N’SILOULOU, originaire du Congo-Brazzaville, la trentaine révolue, aime jongler entre plusieurs de ses casquettes. DRH chez Bureau Veritas Congo, elle occupe son temps libre avec sa passion pour l’écriture. Nouvelliste chez Amina, ET QUE TOMBENT LES MASQUES est son cinquième ouvrage.

« Je fais un mix de tous les styles d’écriture pour donner naissance au mien. »
Ninelle N’SILOULOU, pourquoi écrivez-vous ?
J’écris pour dire tout haut ce que la plupart des gens pensent tout bas. J’ai l’immense privilège d’avoir reçu ce don, j’aimerais en faire profiter plus d’un autour de moi. En écrivant, je pense donner également de l’impulsion à d’autres personnes.
Quelles sont vos sources d’inspirations ?
Je dispose d’une large gamme d’inspiration puisque je m’inspire de tout ce qui m’entoure : un paysage, un objet, un animal, un décor, le vécu quotidien autour de moi, des histoires rapportées çà et là, de la musique. Toute la vie autour de moi est une source d’inspiration.
Votre écriture est-elle influencée par d’autres auteurs ?
Une fois, une personne que j’estime beaucoup et qui a eu beaucoup d’influence dans ma vie littéraire m’a dit : « Pour être un bon écrivain, il faut beaucoup lire. » Aussi, je lis beaucoup. Je lis tout ce qui me tombe sur la main. De la coupure de presse au roman classique de Jean-Jacques Rousseau en passant par les pères de la négritude, sans oublier les auteurs dits contemporains. Je ne pense pas avoir été influencé par un auteur en particulier. Je fais un mix de tous ces styles d’écriture pour donner naissance au mien.
Où écrivez-vous et à quel moment de la journée ?
Je n’ai pas d’endroit ou de moment privilégié pour écrire. Un de ces jours, je ferai peut-être une retraite d’écriture (rires). Pour l’instant, je gribouille sur un papier dès qu’une idée me passe par la tête. J’ai toujours un bout de papier ou un calepin sur moi pour la circonstance. Mais il y a des moments où je prends le temps de me concentrer. C’est souvent tard dans la nuit ou pendant les vacances. Ce n’est pas facile de jongler entre les différentes facettes de notre vie. Dieu aidant, on y arrive quand même.
Combien de temps consacrez-vous à l’écriture ?
Une seconde, une minute, une heure, deux, trois. Toute une journée. Cela dépend de ce que j’écris et de la disposition dans laquelle je me trouve.
Travaillez-vous sur ordinateur ou sur papier ?
Les deux.
Improvisez-vous au fil de l’histoire ou connaissez-vous la fin avant d’écrire ?
Dans la majorité des cas, je connais le début et la fin de l’histoire et je travaille le contenu pour aller d’un bout à l’autre. Parfois, j’improvise.
Combien de temps passez-vous à écrire un livre ?
Je ne peux répondre avec exactitude. Une année minimum pour certains de mes livres et plusieurs années pour d’autres. Cela dépend de comment me vient l’inspiration.
Quel est votre genre littéraire préféré ? Pourquoi ?
La nouvelle. C’est concis et on a la possibilité de raconter autant d’histoires qu'on veut sans s’encombrer de trop de détails.
Quels sont les bons et les mauvais côtés du métier d’auteur ?
Selon moi, un auteur c’est un citoyen du monde qui a le privilège d’explorer des choses qui ne sont pas à la portée de tout le monde. C’est une personne qui a la liberté de dire tout haut ce que les autres pensent tout bas. C’est une personne libre. Cependant dans nos pays d’Afrique, cette liberté reste relative. L’auteur se retrouve comme dans une cage, incapable de déployer ses ailes. Lorsqu'on est écrivain, on est parfois traité de rêveur, d’illuminé, de lunatique, etc.
Quel regard posez-vous rétrospectivement sur l’ensemble de votre œuvre ?
Sans me vanter, je trouve que j’évolue, je me bonifie comme le vin.
Avez-vous d’autres passions que l’écriture ?
L’événementiel puis écriture, écriture, encore écriture.
Propos recueillis par Caya Makhélé
